CRI D'ALARME : Le chaos monétaire à Isiro, quand le refus des billets étrangle l'économie du Haut-Uele
Malgré les fermes instructions du Gouverneur Jean Bakomito Gambu et les engagements des chambres de commerce, le marché d’Isiro s'enfonce dans une crise monétaire sans précédent. Entre refus systématiques de billets et ponctions bancaires injustifiées, la population se demande : qui gouverne réellement le marché ?
Une gangrène qui paralyse les échanges
Il ne s’agit plus d’un épiphénomène, mais d’une véritable « peste économique » qui se propage avec une désolation croissante. À Isiro et dans ses environs, le Franc Congolais (CDF) et le Dollar Américain (USD) subissent un traitement discriminatoire insupportable de la part des opérateurs économiques.
Il suffit d'une trace de stylo, d'une micro-déchirure ou, plus absurde encore, d'une date d'émission remontant à 2013 pour qu'un billet de 100 dollars soit frappé d'ostracisme. Pour le consommateur haut-uelien, le simple geste de payer devient un parcours du combattant, générant tensions et frustrations sociales.
Le souvenir d’un engagement trahi
Pourtant, l’espoir avait pointé le 26 septembre 2025. Ce jour-là, dans la résidence officielle des gouverneurs, Son Excellence Jean Bakomito Gambu avait réuni les poids lourds de l'économie locale : FEC, FENAPEC, COPEMECO et indépendants.
Le Gouverneur avait alors "tapé du poing sur la table", exigeant l'arrêt immédiat de ces pratiques illégales. Un communiqué commun avait même été signé en grande pompe pour interdire formellement le refus des billets. Mais aujourd'hui, ce document semble n’avoir été qu’un chiffon de papier face à l'obstination des commerçants.
Les banques : complices ou pyromanes ?
Le scandale ne s'arrête pas aux étals des marchés. Au lieu de jouer leur rôle de régulateurs et d'encadreurs, certaines institutions bancaires locales se livrent à une pratique proche de l'extorsion. Pour chaque billet de 100 dollars de 2013 ou légèrement marqué, une "taxe de dépréciation" imaginaire de 10 dollars est déduite.
Cette ponction de 10% sur l'épargne des citoyens est un coup de poignard pour l'économie locale, d'autant plus que la Banque Centrale du Congo (BCC) a été on ne peut plus claire : aucune instruction n'a été donnée pour supprimer les billets de 2013 voir 2009 ou rejeter les coupures marquées.
Le silence coupable de l’Exécutif Provincial
Face à cette montée exponentielle du phénomène, une question brûle toutes les lèvres à Isiro : Où est passé le Gouvernement provincial ?.
Comment une telle anarchie peut-elle s'installer sous le regard impuissant — ou peut-être complice — des autorités ? L’appauvrissement du peuple ne peut devenir une variable d’ajustement pour des opérateurs économiques sans scrupules. Le silence de l'Exécutif face à cette "peste" monétaire est perçu comme une démission face à ses responsabilités régaliennes.
Appel à l’action urgente
Nous lançons ici un cri d'alarme. Il est inadmissible que la population continue de subir ce diktat financier. Nous demandons aux autorités compétentes :
- L'application rigoureuse des sanctions prévues contre les commerçants refusant les billets légaux.
- Un contrôle strict des banques par les services spécialisés pour faire cesser les ponctions arbitraires.
- Une descente urgente sur terrain de l'Exécutif Provincial pour restaurer l'autorité de l'État sur le marché.
Le peuple du Haut-Uele n'attend plus des promesses de réunions, mais des actes concrets pour protéger son pouvoir d'achat.